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Interception au-dessus de l'Alaska

1 er août 1989. C'est la toute fin de la guerre froide. Quelque part en Alaska, des radars de défense US ont détecté deu...

31 août 2009

Procrastination et voltige


Ca fait un moment que j'ai envie de me mettre à la voltige. Vincent (l'instructeur des Alcyons, pas mon camarade de Far West) m'a déjà fait faire deux vols mémorables en cap, mémorables mais qui m'ont laissé un peu blanc.

Mais j'ai toujours un problème à remettre les choses au lendemain... J'utilise donc le blog pour coucher par écrit un contrat avec moi-même :
Demain midi, je vais à St Cyr et j'engage la procédure avec l'AVA !

Souhaitez-moi bonne chance :)


Les photos des vols précedents sont ici :
http://picasaweb.google.com/fgasseau/20080825Cap10Bernay
http://picasaweb.google.com/fgasseau/20090706Cap10ABernay

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Ça commence bien. Aujourd'hui, pas de voiture. Je vais devoir faire ça... plus tard. Argh.

Dans les Alpes - 1/2


3 août 2009 ; arrivée à Chambéry


"Lyon, de Foxtrot-Kilo-Golf, j'arrive en sortie de zone, je souhaiterais quitter la fréquence pour passer avec Chambéry.
- Kilo-Golf, Lyon, 7000 au transpondeur, Chambéry sur 123.7, au revoir."
Les contreforts des Alpes se dressent peu à peu autour de moi. Au loin, au delà du ruban bleu du Rhône, et encore caché par les reliefs boisés, je sais qu'il y a le lac du Bourget, et au bout du lac l'aéroport de Chambéry, ma destination.

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Deux jours plus tôt, le samedi, je décollais de Saint-Cyr à bord d'un DR-48, F-GLKG, embarquant alors pour le plus long voyage solo de ma courte carrière de pilote.
Évidemment, c'est peu de choses à coté des mes précédentes aventures dans l'ouest américain. Mais cette fois ci, pas de Marc-Olivier pour m'aider à préparer la navigation, ni de Vincent en co-pilote pour m'aider à gérer le vol. Je suis vraiment tout seul, commandant de bord, pour quatre jours et quelques mille kilomètres allez-retour sans compter les promenades locales.
La semaine précédente, j'ai soigneusement préparé mes navigations, en notant toutes les fréquences, les temps d'entrées et de sorties des zones contrôlées, les altitudes de sécurité, les orientations magnétiques des pistes, l'altitude des terrains... Comme le jour du test PPL.


Ma première étape a été Auxerre, où j'ai retrouvé ma famille pour fêter les noces de diamant de mes grands-parents. Entre petits fours, coupes de Champagne et bon vin, j'ai trouvé un moment pour emmener mon frère, sa copine et mon cousin survoler la Puisaye. Grâce à Nicolas, mon frère, qui connait bien la région, nous avons pu admirer quelques perles dissimulées au milieu des étendues de champs monotones : la reconstitution de chantier médiéval de Guédelon, perdue au milieu de la forêt ; la grande basilique de Vézelay, perchée sur sa colline et dominant le village éponyme ; les murs massifs et carrés du château de Druyes...
Dimanche, des passages orageux entre Chalons et Mâcon m'ont obligé à retarder mon départ d'Auxerre. Je suis donc reparti lundi en début d'après midi pour rallier Chambéry, où je vais retrouver un groupe d'amis qui ont loué un chalet dans la station de ski de Valloire pour passer quelques jours à la montagne.



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La navigation a été très propre, très satisfaisante. Les contacts radios ont été concis mais complets, j'ai toujours su donner ma position avec précision (merci le GPS), mes trajectoires ont été à peu près rectilignes et mon altitude correctement maintenue. J'ai un agréable sentiment de travail bien fait. En plus, j'ai profité pleinement de mon nouveau casque Zulu (acheté en juin à San Diego). Non seulement il m'a gratifié d'un son excellent et d'une parfaite isolation phonique, mais j'y ai aussi connecté mon baladeur MP3 et le vol s'est déroulé en musique, les paysages plats et verdoyants du centre de la France s'écoulant paisiblement sous mes ailes au rythme du Black Album de Metallica ou d'un best of de Queen.

Retour au lundi. J'arrive à Chambéry après pas loin de deux heures de vol. Après avoir quitté Lyon, je règle 123.7 sur la radio 2 (la 1 ne fonctionne pas très bien) et je contacte l'approche. La contrôleuse (elle a une voix charmante) me donne un code transpondeur et me demande de transiter par Novembre et Echo-Alpha. J'attrape la carte VAC de Chambéry et cherche les points en question : ils vont me faire longer la rive est du lac du Bourget pour rejoindre l'aéroport qui est tout au sud. Je collationne, et j'obtempère en laissant mon altitude diminuer tranquillement. Autour de moi, les reliefs s'élèvent, me dominent de leurs flancs massifs couverts de forêts de conifères. En contournant une imposante falaise grise, je débouche sur le lac, et sur le point Novembre. Au dessus, le ciel est encombré de gros cumulus blancs qui s'effilochent contre les sommets des montagnes. La surface du lac, scintillante dans les rayons obliques du soleil de fin d'après midi, est tachée par leurs ombres mouvantes. De petites embarcations de loisir dérangent la surface, zébrant le miroir bleu de longues arabesques d'écume blanche. Je plane.
A ma gauche, presque sous l'avion, la rive porte un bout de la ville d'Aix-les-Bains, entassement de petites villas blotties contre les eaux du lac. A un endroit, la route qui longe la rive oblique franchement vers l'ouest avant de repartir vers le sud. Je confirme avec la carte VAC : c'est le point Echo-Alpha.
"Chambéry, Foxtrot-Kilo-Golf, je passe Echo-Alpha, 2400 pieds en descente vers 1800.
- Reçu Kilo-Golf. Vous avez visuel du terrain ?
- Affirme, KG.
- KG, rejoignez une vent-arrière main droite pour la piste 36. Rappelez travers tour."


Je m'intègre en vent arrière et prépare l'avion pour l'atterrissage : pompe à essence, réservoir, mixture, volets... Pendant ce temps, ça parle toujours à la radio. Un vol militaire, indicatif Ramex 5, souhaite faire un passage bas sur la piste de Chambéry, à contre QFU.
"Ok Rameau 5, rappelez Whisky-Alpha," répond la contrôleuse. Le pilote militaire s'indigne : "Pas Rameau madame, c'est Ramex, R-A-M-E-X. Ramex 5.
- Ah, Ramex, d'accord. J'aimais bien Rameau moi, c'était joli."
La contrôleuse est d'humeur taquine, mais les militaires ne sont pas des poètes : "Oh mais Ramex, c'est bien aussi."
Les militaires sont aussi des dragueurs, et il ajoute : "Et toi c'est quoi ton petit nom ?
- Cécile.
- Ça marche Cécile, on rappelle Whisky-Alpha."

Je rigole tout seul dans mon cockpit, on ne s'ennuie pas à Chambéry. Mais avec tout ça, j'arrive en fin de vent-arrière. Je rappelle Cécile et le lui dit :
"Kilo-Golf, fin de vent-arrière 36.
- Kilo-Golf, numéro un, rappelez finale 36."
Je vérifie encore les paramètres, et je tourne en base puis en finale au dessus des bâtiments commerciaux de Villarcher (c'est marqué sur la VAC). La piste de Chambéry est une longue bande de bitume qui se termine dans le lac, avec un PAPI paresseux qui est difficilement lisible dans la lumière de fin de journée. Pleins volets, finale stabilisée, je contrôle la vitesse aux gaz. Il n'y a quasiment pas de vent, ce que confirme Cécile : "Kilo-Golf, autorisé atterrissage 36, vent calme."
Arrondi, et je touche le sol en douceur. Je libère la piste par le taxiway Charlie puis, après y avoir été autorisé, je roule vers le parking aviation générale, en longeant la piste vers le sud.
Avec la voix assurée du pilote d'expérience, le militaire se rappelle à nous : "Ramex 5, Whisky-Alpha, pour un passage bas dans trente secondes."
La contrôleuse les autorise, et quelques instants plus tard, alors que je cahote lentement sur le taxiway pour rejoindre la pompe de 100LL, deux Mirage 2000 peints en bleu clair défilent au dessus du terrain, dans un bruit de tonnerre, un peu à droite de la piste et inclinés sur l'aile gauche, vers moi, comme pour me saluer. Je sais bien qu'en fait ils saluent Cécile, mais c'est pas grave, j'apprécie ce moment de grâce. Cà ne dure qu'un court instant et déjà, ils sont repartis vers le sud, cabrant pour reprendre de l'altitude, deux petits points noirs brillants qui disparaissent rapidement dans les nuages touffus. Dans le casque, j'ai Into The Fire, bande originale des Chevaliers du Ciel.

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Le Coca fait un sacré bien. J'avais vraiment soif.
J'ai fait les pleins, et garé l'avion. En attendant mon taxi qui arrive de Valloire (Steupa et Nico viennent me chercher gentiment, m'évitant ainsi de devoir louer une voiture), je me rafraichis au club-house d'un aéroclub local. J'en profite pour discuter avec le pilote de permanence, qui me renseigne sur la marche à suivre pour voler dans le coin. Je prends note mentalement de ses bons conseils.
Demain, je vais aller toucher le Mont-Blanc.

26 août 2009

Far West 2009, 3 juin : de San Francisco à Seattle

Où l'on slalome entre les orages au dessus des volcans des Cascades
- Palo Alto Airport of Santa Clara County (San Jose, CA, USA)
-
Mahlon Sweet Field Airport (Eugene, Oregon, USA)
- Boeing Field/King County International Airport (Seattle, Washington, USA)


Le moteur du 75F toussote et crache péniblement. L'hélice tourne paresseusement, par à-coups, le démarreur électrique peinant à lui faire passer les compressions. Patrick joue de la manette des gaz et de la mixture, redonne une ou deux injections... Las ! Pas moyen de faire démarrer le Cessna. Il coupe les magnétos, retire les clefs et nous descendons sur le tarmac, inquiets.
Nous sommes tous les deux à Palo Alto, où le N4975F a été réparé pendant la nuit. Le reste du groupe a rejoint Reid-Hillview où sont toujours garés les trois autres avions. Aujourd'hui, on doit couvrir du terrain. Beaucoup de terrain : on va rejoindre la frontière Canadienne, en parcourant presque 1200 kilomètres vers le nord au départ de la baie de San Francisco. Enfin, pour ça il faudrait déjà qu'on arrive à démarrer.
Le mécanicien qui s'est occupé de la réparation vient obligeamment jeter un coup d'oeil, et nous annonce que c'est juste la batterie qui est à plat. Il est étonné, il est certains de l'avoir rechargée pendant la nuit, mais bon. Il va chercher son petit véhicule y branche l'avion. La batterie sera chargée dans quarante-cinq minutes. Nous appelons les autres pour leur indiquer notre retard, et patientons sous un ciel bleu où sont éparpillés quelques cumulus blancs.

Quarante cinq minutes plus tard donc, nous voilà de nouveau prêts au départ. Reconnaissants, nous avons laissé un joli pourboire au mécanicien, qui a été très sympathique.
Cette fois ci, 75F démarre au quart de tour, à notre grand soulagement. Quelques minutes plus tard, nous décollons de la piste de Palo Alto.
Comme la veille, nous remontons la baie, mais cette fois pas question de rentrer dans la classe Bravo. Nous opérons un contournement tranquille en longeant la côte Pacifique, ce qui ne nous empêche pas de profiter une nouvelle fois du spectacle : l'aéroport international et son trafic incessant, les hautes tours du centre ville, la surprenante et immense Sutro Tower, puis le Golden Gate et Alcatraz. Et nous disons au revoir à San Francisco avant de nous engager dans la vallée de Nappa, cap au nord.


Plus loin, nous attaquons les contreforts des Cascades. Héraut de la chaîne montagneuse, le mont Shasta est visible sur notre droite, immense et majesteux. Des nuages de plus en plus touffus se rassemblent au dessus du relief, et nous obligent à zigzaguer pour rester VFR. Loin devant nous à bord du Duchess, nous entendons, sur la fréquence du flight following, Marc-Olivier qui négocie un détour dans sa route IFR pour éviter des orages. Un peu plus tard, alors que nous passons Medford, le contrôleur nous recommande de faire une déviation par l'ouest pour rester hors des zones d'orages violents qui secouent les Cascades. Je réponds "Standby..." (c'est Patrick qui pilote, mais je m'occupe de la radio sur ce vol). Nous déplions les cartes et jouons du GPS pour visualiser la déviation qu'il nous a proposée. Effectivement ça parait être une bonne idée, surtout que les nuages en face et à l'est sont menaçants. Je rappelle le flight following et lui fait part de notre décision.
Nous nous éloignons des montagnes et descendons dans la plaine avant de remettre le cap sur Eugene, sous des averses qui crépitent par intermittence sur la verrière.


Nous arrivons les derniers à Eugene. Nos quatre avions semblent un peu perdus au milieu du vaste parking vide. Il n'y a aucun bâtiment de ce coté de l'aéroport, à part la pompe à essence et la cabane en plastique des WC chimiques. Juste le nécessaire pour une étape d'un long trajet : nous faisons les pleins des avions, et les pilotes peuvent s'alléger.

Et en route pour Seattle ; cette fois ci je suis aux commandes. La plaine verte et humide défile sous nos ailes, monotone, et loin à l'est nous essayons de reconnaître les volcans des Cascades : mont Jefferson, mont Hood, mont Saint Helens. L'aéroport international de Portland glisse sous les roues du Cessna, et nous voyons déjà devant nous l'imposant mont Rainier, qui marque à peu près notre destination.
Pour aller nous poser à Boeing Field, nous devons encore jongler avec une classe Bravo, celle de Seattle Tacoma cette fois. Le contrôleur nous demande de rester east of Auburn. Branle-bas de combat, je scrute le GPS, Patrick fouille la carte du regard. Auburn, où cela peut-il être ? C'est Patrick qui trouve, et qui me guide sur la bonne trajectoire. On est pas trop de deux dans cet avion !


Nous atterrissons à Boeing Field sur la 31 Left, la grande piste.
Je retrouve avec plaisir le FBO de Galvin, et les deux voitures de location qui nous attendent sur le parking aviation pour que nous n'ayons pas à trimballer les bagages sur plus de dix mètres. Comme dit Vincent, c'est ça le service FBO !

25 août 2009

Far West 2009, 2 juin : tour de la baie de San Francisco

Où l'on se lève tôt pour faire un vrai Bay Tour, et où le 75F a un problème de démarreur
http://picasaweb.google.com/fgasseau/090602Fw09KRHVKPAOEtBayTour
- Reid-Hillview Airport of Santa Clara County (San Jose, CA, USA)
- Palo Alto Airport of Santa Clara County
(San Jose, CA, USA)
- Tour de la baie de San Francisco


6h30 du matin. Le téléphone posé sur la table de chevet de la chambre d'hôtel résonne intrusivement à travers les brumes du sommeil. Déjà, je regrette d'avoir demandé ce wake-up call. Mais on est pas venus aux USA pour faire de la grasse matinée. Avec Marc-Olivier, Georges, Patrick, je fais partie des quatre motivés qui ont décidé de se lever tôt pour voler aujourd'hui. Les autres ont préféré profiter d'une journée off pour se promener dans San Fancisco et faire les magasins (il y a une grande boutique Abercrombie sur Market Street).
Nous prenons une voiture et traversons le Bay Bridge pour rejoindre Oakland où est garé le Duchess. La baie est recouverte d'un linceul de brouillard, et les sommets des immeubles sont perdus dans les franges effilochées des nuages. Toujours le june gloom. Mais après notre pause petit déjeuner (pancakes, saucisses, bacon et café bienvenu chez Denny's à Oakland), le soleil commence à nous faire quelques clins d'oeil à travers la couche.
"Ben voilà, c'est VFR !" nous assure Marc-Olivier avec un grand sourire.

Georges et moi rendons la voiture et en louons une autre (pour une histoire de tarifs, de durée de location et de liberté de drop-off du véhicule). Nous rejoignons Reid-Hillview par l'autoroute pendant que Patrick et Marc-Olivier font le trajet en Duchess (en IFR).
Là, Marc-Olivier instructeur fait faire des tours de piste à Patrick (qui a envie de se familiariser un peu mieux avec le Cessna) et Georges (qui n'est pas encore lâché). J'aimerais bien en faire quelques-uns aussi, mais Marc-Olivier me convainc que je peux me lâcher tout seul. Je crois surtout qu'il en a marre de faire des ronds au dessus du terrain et qu'il a envie de faire un peu de tourisme. Mon premier vol en tant que commandant de bord sera donc un saut de puce entre Reid-Hillview et Palo Alto, sur ce bon vieux 75F, et avec l'aide de Patrick. Georges et Marc-Olivier prennent un autre Cessna, le 88G.
Palo Alto est une piste venteuse posée juste au bord de la baie. Nous y déjeunons sous un beau soleil, à la terrasse déserte d'un petit restaurant. Marc-Olivier nous expose ses plans pour la suite de la journée : il veut faire un vrai Bay Tour, avec une verticale de l'aéroport international, à mille pieds en pleine classe Bravo. Nous dénichons un instructeur local qui nous renseigne sur les pratiques habituelles pour ce trajet un peu spécial, et préparons la navigation sous l'aile du 75F. Marc-Olivier est serein, Patrick et moi sommes un peu tendus : ça n'a pas l'air évident. Mais nous sommes prêts.
Tout le monde embarque, et là, pour reprendre une formule célèbre, c'est le drame : 75F refuse de démarrer. Un problème avec le solénoide qui nous oblige à laisser l'avion entre les mains expertes d'une équipe de mécaniciens mexicains forts sympathiques, et à passer plusieurs heures à discuter au téléphone avec le propriétaire et le club pour décider de la marche à suivre.
Finalement, le Cessna déficient reste à Palo Alto pour être réparé, et nous montons tous les quatre dans le 88G pour faire notre Bay Tour.


C'est Georges qui pilote, sous la supervision expérimentée de Marc-Olivier. Nous sommes quatre dans le petit Cessna N9488G à vérifier et contre-vérifier les limites de la classe Bravo, en utilisant les points de repère que nous a donné l'instructeur de Palo Alto. Pas facile d'en placer une sur la fréquence, au milieu du brouhaha incessant des Boeings qui atterrissent et des Airbus qui décollent. Surtout en anglais. Mais Georges obtient finalement sa clairance pour un transit presque à la verticale de San Francisco International.
"Caution, wake turbulence." nous avertit le contrôleur alors que nous coupons les axes. Un Boeing 777 a décollé devant nous et nous allons traverser ses turbulences de sillage. Et effectivement, quelques instants plus tard, notre avion est secoué comme un fêtu de paille. Tout le monde est projeté dans sa ceinture. Rien de grave, mais c'est impressionant. Nous passons un petit moment à ramasser les cartes, appareils photos et divers stylos qui ont volé dans la cabine.
Le reste du vol est bien tranquille. Nous contournons les tours majesteuses du centre ville, dont les surfaces vitrées scintillent dans le soleil de l'après-midi, et passons juste au dessus des célèbres piles oranges du Golden Gate. Et nous traversons la baie vers l'est, vers Oakland, en survolant Alcatraz et le Bay Bridge. Les appareils photos mitraillent, le spectacle est grandiose. Et finalement, nous longeons la rive pour rentrer à Reid-Hillview.


Le soleil se couche quand nous finissons de ranger l'avion, et les quelques nuages moutonneux qui commencent à se rassembler se colorent de belles couleurs incandesantes.


Far West 2009, 1er juin : de San Diego à San Francisco

Où l'on profite d'une éclaircie pour aller à San Francisco - Montgomery Field Airport (San Diego, CA, USA)
- Shafter-Minter Field Airport (Shafter,
CA, USA)
- Reid-Hillview
Airport of Santa Clara County (San Jose, CA, USA)



En Californie du sud, il fait beaucoup moins beau en juin qu'en septembre. On est en plein dans ce que les autochtones appellent le june gloom, une partie de l'année où l'été peine à s'installer et où les régions côtières sont constamment enfouies sous les entrées maritimes. La couche nuageuse soudée et la visibilité médiocre nous ont empêché de partir samedi comme initialement prévu, et même chose dimanche. Il faut attendre lundi pour qu'enfin nous ayons une ouverture.
Nos quatre avions décollent l'un après l'autre de Montgomery Field vers 15h30. Heureux et un peu fébriles, nous passons dans un trou dans la couche et continuons au dessus, cap au nord en longeant la côte invisible sous la masse immaculée des nuages. Au bout d'une petite heure de vol, la météo se dégage et nous pouvons observer le dense trafic de liners qui décollent et atterrissent de l'aéroport international de Los Angeles, ainsi que l'immense mégalopole elle même, vaste étendue de béton grisâtre.
Puis ce sont les hautes collines pelées du nord de Los Angeles, plis de terrain aux teintes ocres et jaunes, et nous débouchons sur le patchwork de champs verts et bruns du comté de Kern. C'est là que se trouve le terrain de Shafter-Minter, notre première étape.

Shafter-Minter est désert, presque fantomatique. Nous faisons le plein au self-serve sous un soleil poussiéreux, au milieu de vieux véhicules abandonnés, camions citernes rouillés et tracteurs agricoles oubliés. Et garés en ligne dans un coin du parking, une série d'étranges petits hélicoptères équipés pour épandre des pesticides sur les cultures environnantes.
Nous repartons rapidement et continuons notre voyage vers Oakland.

Le Duchess, bimoteur rapide et piloté par des IFR chevronnés, se pose à Oakland, comme prévu. Mais dans les trois Cessna, nous nous inquiétons un peu. La nuit se rapproche, et aucun pilote n'a envie de se poser après le coucher du soleil. De plus, la météo au nord de la baie de San Francisco n'est pas engageante (toujours le june gloom). Nous décidons de nous dérouter sur Reid-Hillview, un aéroport au sud de la baie, plus proche et au dessus duquel la météo est plus clémente.
Nous nous posons presque à la nuit, et la piste de Reid-Hillview, mal éclairée, est bien difficile à repérer malgré les VOR, DME et GPS.

Les passagers du Duchess (Marc-Oliver, Joël et Georges) nous rejoignent une heure plus tard avec deux voitures de location. Et nous repartons, fatigués, vers le centre de San Francisco où nous attends notre hôtel.