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Interception au-dessus de l'Alaska

1 er août 1989. C'est la toute fin de la guerre froide. Quelque part en Alaska, des radars de défense US ont détecté deu...

27 juillet 2011

PROB40 TEMPO 2312/2315 29015G30KT 2500 -TSRA




Le moteur du F-GENA tousse une fois, puis une autre. Je pousse la manette de mélange à fond et il démarre avec un vrombissement satisfaisant. Le doigt sur la checklist, j'ajuste la manette des gaz et vérifie les instruments moteur avant de tourner mon attention vers l'extérieur.
Nous sommes garés devant le hangar de l'AAML à Meaux-Esbly. Par la vitre droite, vers le nord, une épaisse barre de nuages noirs bouche l'horizon. Poussé par l'un des orages qui émaillent la météo médiocre de ce samedi de juillet, un gros morceau de mauvais temps descend vers nous comme une vague qui enfle en s'approchant de la plage. A gauche, entre l'avion et le hangar, quelques pilotes nous regardent, leur expression semblant nous dire vous n'allez pas partir voler là dedans quand même ?
C'est probablement le même regard que je jette en ce moment à Thomas, mon ami et instructeur pour ce deuxième vol sur TB-20. Comme je le lui ai dis alors que nous nous installions dans l'avion, je ne serais pas parti tout seul avec cette météo, qui est clairement au delà de mes limites. Mais Thomas a beaucoup plus d'expérience que moi, et ses limites ne sont pas les miennes. S'il pense qu'on peut partir, je suis prêt à la suivre et à en profiter pour apprendre des choses sur le vol en météo limite.
Et justement, je vais en apprendre quelques-une aujourd'hui.

"On va rouler jusqu'au point d'arrêt et quand on sera prêt à partir, on va décider si c'est jouable," décide Thomas.
Évidemment, tant qu'on ne fait que rouler, on ne risque pas grand chose. Et pendant que nous cahotons sur le taxiway en herbe, il m'explique comment il interprète la situation, et comment il décide qu'on peut probablement partir dans un contexte où, seul, je n'aurais même pas quitté le parking. Quatre points :
1 - le grain vient du nord, et nous allons partir vers le sud.
2 - il est bien visible, et il est encore à bonne distance du terrain.
3 - hors de l'orage, la visibilité est bonne, et les plafonds corrects.
4 - nous avons de l'essence, dans un avion qui a une autonomie excellente.
Si au moment de partir, ces conditions sont toujours vraies, nous décollerons vers le nord et ferons demi-tour juste après pour partir vers le sud en nous éloignant du mauvais temps. Nous irons alors faire nos évolutions et tours de piste, comme prévu, dans les environs de Coulommiers, tout en gardant un œil sur la masse de nuages menaçants. Dans le cas où elle se rapprocherait trop, nous pourrons toujours nous poser à Coulommiers et laisser passer l'orage, voire nous échapper vers un autre terrain plus au sud.
Ce qui est important, insiste Thomas, c'est d'avoir toujours des solutions de repli réalistes.

Nous décollons donc face à l'orage. Le vent est fort, mais plutôt stable et dans l'axe, et nous quittons la piste sans problème. Immédiatement nous entamons le demi-tour par la droite pour tourner le dos au mauvais temps en montant vers 3000 pieds. Arrivés au sud de Coulommiers, nous faisons quelques exercices de décrochage, puis intégrons le circuit de l'aérodrome pour des touch and go's. Le vent de travers est fort, et je transpire un peu dans la gestion du VP/RU, mais ça se passe bien.
Pendant ce temps, nous gardons notre grain en vue. Il est toujours là, au nord. Il ne semble pas avoir bougé.
On peut tenter de rentrer à Meaux.


De retour vers le nord, nous abandonnons progressivement de l'altitude pour passer sous les franges de la classe A. La visibilité chute peu à peu. Thomas contacte Meaux pour annoncer notre arrivée, et demander une info météo. Si c'est mauvais, il sera toujours temps de faire demi-tour pour retourner à Coulommiers. Ou plus loin.
"F-GENA, le grain arrive en ce moment sur le terrain, visibilité... euh... 1500 mètres."
Ok, donc c'est le moment où finalement la météo a gagné, et où on fait demi-tour. 1500 mètres, c'est réglementairement du VFR, mais aller se foutre là dedans faudrait être sacrément motivé !
Mais justement, Thomas est sacrément motivé. Il me dit qu'on devrait pouvoir continuer jusqu'à Meaux, qu'on ne va pas voir grand chose mais qu'il connait bien le coin donc ça ira.
En tous cas, je suis complétement paumé. Notre environnement s'est réduit à un disque de champs et de routes anonymes encadré par un mur cotonneux et grisâtre. Les premières gouttes de pluie crépitent sur la verrière et s'étalent en trainées agitées par le vent relatif. Je ne sais pas si c'est 1500 mètres de visibilité, mais c'est clairement en dessous de mes minimas. Je ne peux que suivre les indications de Thomas qui m'amène pas à pas en finale, jusqu'à ce qu'enfin je devine la vaste étendue de l'aérodrome de Meaux. Je ne distingue pas encore les pistes en herbe, mais je vois à peu près où je vais.
Je me concentre sur les procédures du TB-20, qui sont encore toutes neuves pour moi. Plein petit pas, plein riche, 75 nœuds, train sorti trois vertes, volets 40°. J'aperçois les V du seuil de piste, corrige la trajectoire et affine mon plan.
"Allez, arrondis," me signale Thomas. Je réduit et tire doucement le manche, et bam, le train principal tape sèchement la piste alors que je croyais être encore à un bon mètre au dessus du sol. Je n'y voyais vraiment rien avec les gouttes sur le pare brise et l'atmosphère brumeuse. Et, je m'en rendrais compte au parking, avec mes lunettes de soleil que je n'avais pas pensé à enlever.

L'atterrissage a été un peu dur mais rien de grave : finalement, ce fut un vol en conditions limites VFR que je n'aurais jamais osé tenter seul et qui s'est déroulé en toute sécurité grâce à la supervision d'une personne habituée à ce genre d'environnement.
C'est extrêmement instructif, et c'est beaucoup mieux que de se retrouver par erreur de jugement dans une situation similaire.

Merci Thomas !


(les images ne sont pas de moi, elles ont été récupérées sur http://www.andysimons.co.uk/Aircraft/Light/Socata.html)

15 juillet 2011

Rise of Flight est gratuit



Les simulateurs de vol avec pour thème la première guerre mondiale ne sont pas légion ces temps-cis. Pourtant, avec l'ambiance des débuts de l'aviation, la simplicité des aéronefs, les engagements à très courte distances, et l'esprit chevalresque des premiers pilotes de guerre, cette période offre une toile de fond idéale pour un simulateur.
Heureusement, en 2006, on a commencé à entendre parler de Knights of the Sky, un nouveau simulateur développé par un petit studio de russe. En 2009, après les péripéties habituelles de tout processus de développement d'un produit de niche et à petit budget, le jeu sort sous le nom de Rise of Flight.


Les graphismes sont au goût du jour, avec des avions magnifiques et des décors en cran en dessous mais corrects.
Les sensations de vol sont elles excellentes, avec des moteurs pétaradants, le vent qui souffle dans le cockpit ouvert, les mitrailleuses qui s'enrayent...
Les modèles de vols sont très crédibles. Les trapanelles de l'époque sont secouées par les turbulences et les explosions de DCA, la carlingue tressaute avec les vibrations du moteur. Les dégats son particulèrement réussis, de la déchirure innoffensive dans l'entoilage à la rupture d'un longeron lors d'un piqué mal maitrisé.

Malheureusement, comme c'est souvent le cas avec les simulateurs récents, le monde est vide, et on se retrouve vite à court de choses à faire. Les quelques missions et campagnes proposées sont sympathiques mais peinent à vraiment immerger le joueur dans l'ambiance de la guerre au dessus des tranchées.


Mais une fois le jeu sorti, le développeurs ne l'ont pas laissé tomber, et ils ont continué à l'améliorer sans interruptions jusqu'à aujourd'hui (et ce n'est pas fini).
Des patches gratuits ont apportés des améliorations graphiques et d'innombrables corrections et améliorations (combat de nuit, générateur de mission, missions de bombardement, fusées éclairantes...).
De nombreux avions on aussi été ajoutés, mais ils sont payants. De même, il est désormais possible de customiser le cockpit de sa machine favorite avec des field mods (eux aussi payants) : viseurs, cardrans supplémentaires, éclairage cabine...
Et surtout, une campagne dynamique a été intégrée. Elle est encore en version béta, mais la qualité des ajouts apportés jusqu'à présent laisse augurer du meilleur.


Et finalement, Rise of Flight est aujourd'hui gratuit. Ces n'est pas une démo, mais le jeu complet qui est accessible gratuitement. Seuls deux avions sont pilotables (il est possible d'acheter les autres par la suite), permettant de profiter de toutes les facettes du jeu avant de se lancer si on en a envie dans l'achat d'autres machines.

Si vous appréciez les simulateurs de vol bien faits, et que vous avez un joystick, allez télécharger Rise of Flight gratuitement ici.


8 juillet 2011

It is ON !




Ca y est, c'est parti.
Nous avons pris des billets sur un vol American Airlines pour San Diego le mois dernier.
Et puis petit à petit ça s'est rapproché, tranquillement, discrétement. Et soudain c'est là, juste là.

Mardi 2 août 2011, je serais à San Diego pour commencer une nouvelle aventure aéronautique dans le sud ouest américain. Aventure que j'ai décidé d'appeller Far West 2011, en toute originalité, pour voler une partie du prestige associé aux éditions précedentes.

Il y a plein de choses à organiser, mais au moment ou j'écris, tout se met agréablement en place.
Les principales formalités sont à peut près organisées : le BFR est fait (merci Marc-Oliver), le checkride et le safety briefing sont réservés.

Et Rémi, un ami qui vit à Los Angeles et qui est membre du club aéronautique PlusOne Flyers, a eu la gentillesse de me réserver un avion en attendant que je sois moi-même réinscrit. Je vous présente N21019 :


Trajet

Ce Far West sera un peu différents des autres. Il sera moins axé sur le vol et prévoit de laisser du temps pour profiter des régions traversées autrement que vues d'avion. Chaque étape comprendra donc au moins une journée complète de "OFF" qui sera réservée à des activités non aéro : baignades, promenades, visites de monuments...

Voici les étapes prévues pour l'instant.

2 août : Arrivée à San Diego
3 août - 5 août : San Diego. Inscription au club, safety briefing et checkride. Peut-être quelques vols d'entraînement.
6 août : San Diego => Sedona.
7 août : OFF Sedona.
8 août : Sedona => Grand Canyon / Page / Monument Valley => Bryce Canyon.
9 août : OFF Bryce Canyon.
10 août : Bryce Canyon => San Francisco.
11 août : OFF San Francisco.
12 août : San Francisco => Yosemite.
13 août : OFF Yosemite.
14 août : Yosemite => San Diego.
15 août : Départ pour Paris.



To be continued...