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Interception au-dessus de l'Alaska

1 er août 1989. C'est la toute fin de la guerre froide. Quelque part en Alaska, des radars de défense US ont détecté deu...

12 septembre 2009

Far West 2009, 4 juin : de Seattle à Tofino

Où l'on visite The Museum of Flight avant de traverser la frontière canadienne
http://picasaweb.google.com/fgasseau/090604Fw09KBFICYYJCYAZ
- Boeing Field/King County International Airport (Seattle, Washington, USA)
- Victoria International Airport (Victoria, Bristish Columbia, Canada)
- Tofino Airport (Tofino, British Columbia, Canada)


Pour moi, c'est la grosse nouveauté de cette édition 2009 : je monte enfin à bord du Duchess. Ce gros avion, bimoteur, calage variable, train rentrant, me promet de découvrir bien des choses sous la houlette de Marc-Olivier.
Mais pour ce premier vol de la journée, je suis encore en place arrière. Nous décollons de Boeing Field pour entrer au Canada et dédouaner à Victoria International, et c'est Joël qui est au commandes.


Nous avons passé une matinée tranquille. On s'est levé peinards vers neuf heures, et après avoir rallié l'aéroport, nous sommes séparés en deux groupes : d'un coté, Marc-Olivier a emmené Alex et Georges faire des tours de piste ; le reste, dont moi, est allé visiter le Museum of Flight.
Le Museum Of Flight, c'est un musée sympathique avec une belle collection d'avions de toutes sortes, qui se trouve sur le terrain de Boeing Field. En tant que clients de Galvin, le FBO, nous avons droit à des entrées gratuites (nous en profitons pour récupérer des casquettes souvenir), ça serait dommage de s'en priver.
Ça ne vaut pas le Bourget. Il n'y a qu'une seule grande salle, dans laquelle les avions sont présentés un peu en vrac, et d'autres appareils sont exposés à l'extérieur. Mais il y a de fort belles pièces, comme cet immense SR-71 qui écrase le hangar principal de sa présence, ou le massif Tomcat posé devant l'entrée. Il y a aussi de bonnes idées : on peut s'assoir dans un cockpit de F-18, ou suivre le trafic de Boeing Field dans une tour de contrôle factice dont les baies vitrées donnent sur le terrain, et où sont diffusées les communications radio réelles. Nous y suivons, amusés, le 88G qui fait ses tours de pistes, piloté par Alexandre.
Après avoir mangé un morceau et avoir visité la boutique de souvenir, nous rejoignons Galvin et nos avions. Les navs sont prêtes, c'est le départ pour le Canada.

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Il fait un temps superbe, sans nuages. Après le décollage, nous longeons la ville de Seattle en survolant la mer. Nous avons une vue magnifique des gigantesques stades au sud de la cité, puis des immeubles du centre et de la Space Needle au nord. Encore plus loin, il y a les usines Boeing de Paine Field, leurs hangars immenses et leurs parkings remplis d'avions neufs prêts à livrer, peints aux couleurs des diverses compagnies clientes. Il y a aussi, dans un coin, la silhouette difforme du Dreamlifter, le 747 modifié pour le transport des éléments du Boeing 787.
Et derrière, toile de fond omniprésente, il y a les Cascades qui s'étalent vers le nord, dominées par les silhouettes blanches de Glacier Peak et de Mount Baker.


Nous continuons nous aussi vers le nord, au dessus des îles éparses de la baie de Seattle. La visibilité est excellente, et je reconnais le terrain militaire de Whidbey, au milieu de l'île du même nom. Je me rappelle l'horreur du vol de l'année dernière au même endroit, la bataille sous une chape de nuages gris et menaçant, les zigzags entre les îles... Et dire qu'aujourd'hui, par ce temps parfait, je suis avec deux pilotes IFR dans un avion IFR !
Nous contournons la ville de Victoria et rejoignons la finale pour la piste 09. C'est vraiment joli. L'aéroport de Victoria est sur une presqu'île au nord de la ville, entre la mer et les collines. Le vert profond des reliefs boisés contraste avec le bleu immobile du Pacifique. Ici, il y a de petites maisons posées au bord de l'eau, entre les arbres, certaines avec leurs quais où sont amarrés des bateaux de plaisance. Là, les bois viennent jusqu'à la rive et se trempent les pieds dans l'eau, nature sauvage tellement représentative de la Colombie Britannique. Avant le seuil de la piste, il y a un ensemble de quais où sont amarrés des petites embarcations et des hydravions.

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Les douaniers Canadiens sont fort sympathiques. Ils s'occupent des formalités (non, nous n'avons pas d'armes à bord) et tamponnent les passeports. Et nos quatre avions repartent à la queue leu leu vers le transient parking, à l'autre bout du terrain.
On a faim. Enfin, certains plus que d'autres. Marc-Olivier insiste pour que nous allions à pieds dans la petite ville voisine de Sidney, pour y trouver un restaurant. "Pas plus d'un kilomètre !" nous assure-t-il avec un grand sourire. En fait, un kilomètre Marc-Olivier fait un peu plus qu'un statute mile, c'est à dire presque deux kilomètres sous un soleil de plomb, avec en bonus la traversée à la sauvage d'une grosse quatre voies. Mais il faut admettre que le repas (et surtout les verres d'eau) est revigorant.
Pour retourner à l'aéroport, certains flemmards (dont moi) prendront un taxi.

Étape suivante, Tofino, un vieux terrain hérité de la seconde guerre mondiale, perdu au fin fond de l'île de Vancouver. Cette fois, je suis aux commandes du Duchess. C'est un premier vol d'instruction : au sol, Marc-Olivier s'occupe encore de la plupart des actions pour le démarrage et les essais moteur, en m'expliquant ce qu'il fait. Il me laisse en revanche faire rouler la bête, et j'apprends doucement à jouer des deux manettes des gaz pour donner plus de puissance à l'extérieur des virages, et ainsi l'aider à tourner.
Le décollage n'est pas trop dépaysant, si ce n'est qu'il faut penser à vérifier la montée après la rotation (un - variomètre ; deux - altimètre) et à rentrer le train.
Nous suivons le large bras de mer entre l'île de Vancouver et le continent, puis obliquons vers le sud au dessus des montagnes couronnées de neige. En croisière, c'est plus calme. Marc-Olivier prend le temps de me montrer quelques particularités : réglage du mélange, synchronisation à l'oreille de la vitesse des hélices...

Mais à 180 nœuds, on arrive vite, et il faut déjà préparer l'approche. Je mets l'avion en descente, et toujours sur les explications de Marc-Olivier, sors le train pour ralentir le bolide. On vérifie dans le petit miroir monté sur le carénage du moteur gauche que la roue avant est bien sortie et verrouillée. Moment émouvant : je suis au commandes d'un avion, avec "trois vertes" sur le tableau de bord.


Tofino est là, au bord du Pacifique, la lumière dorée de la fin de journée qui se reflète dans l'océan lui donnant des teintes orangées. Il y a des pistes dans tous les sens, héritage du passé militaire de ce terrain, et nous avons un peu de mal à trouver la bonne. Je tourne en finale au dessus de Longbeach et des denses forêts de conifères qui bordent la plage. Le soleil couchant nous éclaire par derrière, nous offrant une vue magnifique des sommets qui tapissent l'horizon. La vitesse, un peu de gaz, le plan, trop haut, moins de gaz... Je suis très concentré, mais finalement, ça n'est pas beaucoup plus dur à poser qu'un Robin ou un Cessna. Enfin, je crois que j'arrive un peu vite quand même, rien de grave. Le contact des roues sur le bitume usé de Tofino est vraiment satisfaisant.

"Vous allez voir, Tofino, c'est le bout du monde" nous avait annoncé Marc-Olivier. Effectivement, à part une cabane à la peinture passée et un vieux Cessna, il n'y a rien. Ça change des FBO, on se croirait presque en France.
Un taxi nous emmène par petits groupes jusqu'au gîte, un quart d'heure de trajet sur une route sinueuse bordée d'arbres immenses, et nous prenons nos quartiers pour la nuit dans de superbes bungalows (il y a même des jacuzzis !). Encore une fois, quel dommage que ça ne soit que pour une nuit !