27 juillet 2011

PROB40 TEMPO 2312/2315 29015G30KT 2500 -TSRA




Le moteur du F-GENA tousse une fois, puis une autre. Je pousse la manette de mélange à fond et il démarre avec un vrombissement satisfaisant. Le doigt sur la checklist, j'ajuste la manette des gaz et vérifie les instruments moteur avant de tourner mon attention vers l'extérieur.
Nous sommes garés devant le hangar de l'AAML à Meaux-Esbly. Par la vitre droite, vers le nord, une épaisse barre de nuages noirs bouche l'horizon. Poussé par l'un des orages qui émaillent la météo médiocre de ce samedi de juillet, un gros morceau de mauvais temps descend vers nous comme une vague qui enfle en s'approchant de la plage. A gauche, entre l'avion et le hangar, quelques pilotes nous regardent, leur expression semblant nous dire vous n'allez pas partir voler là dedans quand même ?
C'est probablement le même regard que je jette en ce moment à Thomas, mon ami et instructeur pour ce deuxième vol sur TB-20. Comme je le lui ai dis alors que nous nous installions dans l'avion, je ne serais pas parti tout seul avec cette météo, qui est clairement au delà de mes limites. Mais Thomas a beaucoup plus d'expérience que moi, et ses limites ne sont pas les miennes. S'il pense qu'on peut partir, je suis prêt à la suivre et à en profiter pour apprendre des choses sur le vol en météo limite.
Et justement, je vais en apprendre quelques-une aujourd'hui.

"On va rouler jusqu'au point d'arrêt et quand on sera prêt à partir, on va décider si c'est jouable," décide Thomas.
Évidemment, tant qu'on ne fait que rouler, on ne risque pas grand chose. Et pendant que nous cahotons sur le taxiway en herbe, il m'explique comment il interprète la situation, et comment il décide qu'on peut probablement partir dans un contexte où, seul, je n'aurais même pas quitté le parking. Quatre points :
1 - le grain vient du nord, et nous allons partir vers le sud.
2 - il est bien visible, et il est encore à bonne distance du terrain.
3 - hors de l'orage, la visibilité est bonne, et les plafonds corrects.
4 - nous avons de l'essence, dans un avion qui a une autonomie excellente.
Si au moment de partir, ces conditions sont toujours vraies, nous décollerons vers le nord et ferons demi-tour juste après pour partir vers le sud en nous éloignant du mauvais temps. Nous irons alors faire nos évolutions et tours de piste, comme prévu, dans les environs de Coulommiers, tout en gardant un œil sur la masse de nuages menaçants. Dans le cas où elle se rapprocherait trop, nous pourrons toujours nous poser à Coulommiers et laisser passer l'orage, voire nous échapper vers un autre terrain plus au sud.
Ce qui est important, insiste Thomas, c'est d'avoir toujours des solutions de repli réalistes.

Nous décollons donc face à l'orage. Le vent est fort, mais plutôt stable et dans l'axe, et nous quittons la piste sans problème. Immédiatement nous entamons le demi-tour par la droite pour tourner le dos au mauvais temps en montant vers 3000 pieds. Arrivés au sud de Coulommiers, nous faisons quelques exercices de décrochage, puis intégrons le circuit de l'aérodrome pour des touch and go's. Le vent de travers est fort, et je transpire un peu dans la gestion du VP/RU, mais ça se passe bien.
Pendant ce temps, nous gardons notre grain en vue. Il est toujours là, au nord. Il ne semble pas avoir bougé.
On peut tenter de rentrer à Meaux.


De retour vers le nord, nous abandonnons progressivement de l'altitude pour passer sous les franges de la classe A. La visibilité chute peu à peu. Thomas contacte Meaux pour annoncer notre arrivée, et demander une info météo. Si c'est mauvais, il sera toujours temps de faire demi-tour pour retourner à Coulommiers. Ou plus loin.
"F-GENA, le grain arrive en ce moment sur le terrain, visibilité... euh... 1500 mètres."
Ok, donc c'est le moment où finalement la météo a gagné, et où on fait demi-tour. 1500 mètres, c'est réglementairement du VFR, mais aller se foutre là dedans faudrait être sacrément motivé !
Mais justement, Thomas est sacrément motivé. Il me dit qu'on devrait pouvoir continuer jusqu'à Meaux, qu'on ne va pas voir grand chose mais qu'il connait bien le coin donc ça ira.
En tous cas, je suis complétement paumé. Notre environnement s'est réduit à un disque de champs et de routes anonymes encadré par un mur cotonneux et grisâtre. Les premières gouttes de pluie crépitent sur la verrière et s'étalent en trainées agitées par le vent relatif. Je ne sais pas si c'est 1500 mètres de visibilité, mais c'est clairement en dessous de mes minimas. Je ne peux que suivre les indications de Thomas qui m'amène pas à pas en finale, jusqu'à ce qu'enfin je devine la vaste étendue de l'aérodrome de Meaux. Je ne distingue pas encore les pistes en herbe, mais je vois à peu près où je vais.
Je me concentre sur les procédures du TB-20, qui sont encore toutes neuves pour moi. Plein petit pas, plein riche, 75 nœuds, train sorti trois vertes, volets 40°. J'aperçois les V du seuil de piste, corrige la trajectoire et affine mon plan.
"Allez, arrondis," me signale Thomas. Je réduit et tire doucement le manche, et bam, le train principal tape sèchement la piste alors que je croyais être encore à un bon mètre au dessus du sol. Je n'y voyais vraiment rien avec les gouttes sur le pare brise et l'atmosphère brumeuse. Et, je m'en rendrais compte au parking, avec mes lunettes de soleil que je n'avais pas pensé à enlever.

L'atterrissage a été un peu dur mais rien de grave : finalement, ce fut un vol en conditions limites VFR que je n'aurais jamais osé tenter seul et qui s'est déroulé en toute sécurité grâce à la supervision d'une personne habituée à ce genre d'environnement.
C'est extrêmement instructif, et c'est beaucoup mieux que de se retrouver par erreur de jugement dans une situation similaire.

Merci Thomas !


(les images ne sont pas de moi, elles ont été récupérées sur http://www.andysimons.co.uk/Aircraft/Light/Socata.html)

15 juillet 2011

Rise of Flight est gratuit


Les simulateurs de vol avec pour thème la première guerre mondiale ne sont pas légion ces temps-cis. Pourtant, avec l'ambiance des débuts de l'aviation, la simplicité des aéronefs, les engagements à très courte distances, et l'esprit chevalresque des premiers pilotes de guerre, cette période offre une toile de fond idéale pour un simulateur.
Heureusement, en 2006, on a commencé à entendre parler de Knights of the Sky, un nouveau simulateur développé par un petit studio de russe. En 2009, après les péripéties habituelles de tout processus de développement d'un produit de niche et à petit budget, le jeu sort sous le nom de Rise of Flight.


Les graphismes sont au goût du jour, avec des avions magnifiques et des décors en cran en dessous mais corrects.
Les sensations de vol sont elles excellentes, avec des moteurs pétaradants, le vent qui souffle dans le cockpit ouvert, les mitrailleuses qui s'enrayent...
Les modèles de vols sont très crédibles. Les trapanelles de l'époque sont secouées par les turbulences et les explosions de DCA, la carlingue tressaute avec les vibrations du moteur. Les dégats son particulèrement réussis, de la déchirure innoffensive dans l'entoilage à la rupture d'un longeron lors d'un piqué mal maitrisé.

Malheureusement, comme c'est souvent le cas avec les simulateurs récents, le monde est vide, et on se retrouve vite à court de choses à faire. Les quelques missions et campagnes proposées sont sympathiques mais peinent à vraiment immerger le joueur dans l'ambiance de la guerre au dessus des tranchées.


Mais une fois le jeu sorti, le développeurs ne l'ont pas laissé tomber, et ils ont continué à l'améliorer sans interruptions jusqu'à aujourd'hui (et ce n'est pas fini).
Des patches gratuits ont apportés des améliorations graphiques et d'innombrables corrections et améliorations (combat de nuit, générateur de mission, missions de bombardement, fusées éclairantes...).
De nombreux avions on aussi été ajoutés, mais ils sont payants. De même, il est désormais possible de customiser le cockpit de sa machine favorite avec des field mods (eux aussi payants) : viseurs, cardrans supplémentaires, éclairage cabine...
Et surtout, une campagne dynamique a été intégrée. Elle est encore en version béta, mais la qualité des ajouts apportés jusqu'à présent laisse augurer du meilleur.


Et finalement, Rise of Flight est aujourd'hui gratuit. Ces n'est pas une démo, mais le jeu complet qui est accessible gratuitement. Seuls deux avions sont pilotables (il est possible d'acheter les autres par la suite), permettant de profiter de toutes les facettes du jeu avant de se lancer si on en a envie dans l'achat d'autres machines.

Si vous appréciez les simulateurs de vol bien faits, et que vous avez un joystick, allez télécharger Rise of Flight gratuitement ici.


8 juillet 2011

It is ON !




Ca y est, c'est parti.
Nous avons pris des billets sur un vol American Airlines pour San Diego le mois dernier.
Et puis petit à petit ça s'est rapproché, tranquillement, discrétement. Et soudain c'est là, juste là.

Mardi 2 août 2011, je serais à San Diego pour commencer une nouvelle aventure aéronautique dans le sud ouest américain. Aventure que j'ai décidé d'appeller Far West 2011, en toute originalité, pour voler une partie du prestige associé aux éditions précedentes.

Il y a plein de choses à organiser, mais au moment ou j'écris, tout se met agréablement en place.
Les principales formalités sont à peut près organisées : le BFR est fait (merci Marc-Oliver), le checkride et le safety briefing sont réservés.

Et Rémi, un ami qui vit à Los Angeles et qui est membre du club aéronautique PlusOne Flyers, a eu la gentillesse de me réserver un avion en attendant que je sois moi-même réinscrit. Je vous présente N21019 :


Trajet

Ce Far West sera un peu différents des autres. Il sera moins axé sur le vol et prévoit de laisser du temps pour profiter des régions traversées autrement que vues d'avion. Chaque étape comprendra donc au moins une journée complète de "OFF" qui sera réservée à des activités non aéro : baignades, promenades, visites de monuments...

Voici les étapes prévues pour l'instant.

2 août : Arrivée à San Diego
3 août - 5 août : San Diego. Inscription au club, safety briefing et checkride. Peut-être quelques vols d'entraînement.
6 août : San Diego => Sedona.
7 août : OFF Sedona.
8 août : Sedona => Grand Canyon / Page / Monument Valley => Bryce Canyon.
9 août : OFF Bryce Canyon.
10 août : Bryce Canyon => San Francisco.
11 août : OFF San Francisco.
12 août : San Francisco => Yosemite.
13 août : OFF Yosemite.
14 août : Yosemite => San Diego.
15 août : Départ pour Paris.



To be continued...

7 juin 2011

Far West 2009

Far West 2009
9 pilotes / 4 avions / 23 aéroports / 6700 kilomètres


Mise à jour le 6 juin 2011 :
Le récit du dernier jour est en ligne. C'est fini pour Far West 2009, en route pour Far West 2011 !

1er juin : de San Diego à San Francisco 
Où l'on profite d'une éclaircie pour aller à San Francisco
- Montgomery Field Airport (San Diego, CA, USA)
- Shafter-Minter Field Airport (Shafter,
CA, USA)
- Reid-Hillview Airport of Santa Clara County
(San Jose, CA, USA)


2 juin : tour de la baie de San Francisco
Où l'on se lève tôt pour faire un vrai Bay Tour, et où le 75F a un problème de démarreur
 
- Reid-Hillview Airport of Santa Clara County (San Jose, CA, USA)
- Palo Alto Airport of Santa Clara County
(San Jose, CA, USA)- Tour de la baie de San Francisco

3 juin : de San Francisco à Seattle
Où l'on slalome entre les orages au dessus des volcans des Cascades
- Palo Alto Airport of Santa Clara County (San Jose, CA, USA)
-
Mahlon Sweet Field Airport (Eugene, Oregon, USA)
- Boeing Field/King County International Airport (Seattle, Washington, USA)

4 juin : de Seattle à Tofino
Où l'on visite The Museum of Flight avant de traverser la frontière canadienne
 
- Boeing Field/King County International Airport (Seattle, Washington, USA)- Victoria International Airport (Victoria, Bristish Columbia, Canada)
- Tofino Airport (Tofino, British Columbia, Canada)


5 juin : de Tofino à Vancouver
Où l'on profite de la beauté sauvage des montagnes de la Colombie Britannique
- Tofino Airport (Tofino, British Columbia, Canada)
- Penticton Airport (Penticton, British Columbia, Canada)
- Vancouver International Airport (Vancouver, Bristish Columbia, Canada)


6 juin : de Vancouver à Portland
Où je fais mon premier vol IFR
- Vancouver International Airport (Vancouver, Bristish Columbia, Canada)
- Portland International Airport (Portland, Oregon, USA)

 
Où l'on se rend compte qu'une hélice du Duchess est tordue, et où l'on fait le vol sans escale le plus long du voyage
- Portland International Airport (Portland, Oregon, USA)
- Reno/Tahoe International Airport (Reno, Nevada, USA)

 
Où l'on survole la fameuse base militaire d'Edwards
- Reno/Tahoe International Airport (Reno, Nevada, USA)
- Mojave Airport (Mojave, California, USA)
- Mc Carran International Airport (Las Vegas, Nevada, USA)

9 juin : de Las Vegas à Page
Où l'on remonte la Colorado River en longeant les paysages escarpés du Grand Canyon
- Mc Carran International Airport (Las Vegas, Nevada, USA)
- Henderson Executive Airport (Las Vegas, Nevada, USA)
- Page Municipal Airport (Page, Arizona, USA)


Où l'on fait du vol en formation au dessus des canyons de l'Utah et des mesas de Monument Valley
- Page Municipal Airport (Page, Arizona, USA)
- Cal Black Memorial Airport (Halls Crossing, Utah, USA)
- Sedona Airport (Sedona, Arizona, USA)


11 juin : de Sedona à San Diego
Où l'on survole le désert interminable pour rejoindre les nuages de la côte Pacifique
- Sedona Airport (Sedona, Arizona, USA)
- Laughlin/Bullhead International Airport (Bullhead City, Arizona, USA)
- Montgomery Field Airport (San Diego, California, USA)


12 juin : aller-retour San Diego / Los Angeles
Où Vincent se fait une 1-6 right, et où l'on passe sous les axes de Lindbergh at or below 500 feet
- Montgomery Field Airport (San Diego, California, USA)
- Van Nuys Airport (Van Nuys, California, USA)
- Corona Municipal Airport (Corona, California, USA)

6 juin 2011

Far West 2009, 12 juin : aller-retour San Diego / Los Angeles

Où Vincent se fait une 1-6 right, et où l'on passe sous les axes de Lindbergh at or below 500 feet
- Montgomery Field Airport (San Diego, California, USA)
- Van Nuys Airport (Van Nuys, California, USA)
- Corona Municipal Airport (Corona, California, USA)



Il nous reste une ultime journée à San Diego avant de laisser l’aventure derrière nous et d’embarquer pour la France avec des souvenirs plein nos valises. La plupart des membres de notre petite équipe a envie d’en profiter pour voler encore un peu, et décide d’organiser un saut jusqu’à Van Nuys.
Van Nuys (prononcer Vanne Naïsse) est un grand terrain d’aviation générale au nord de Los Angeles. Il a été rendu célèbre dans la communauté aéronautique par le film One Six Right : The Romance Of Flying. Ce documentaire retrace l’histoire du terrain, des années 1920 au début du 21ème siècle, au travers du témoignages de pilotes et de célébrités qui expliquent l’importance de l’aviation générale dans la société américaine, et sur des images contemplatives de paysages et d’avions.
Pour les pilotaillons que nous sommes, l’idée d’aller faire un touch sur la piste 16R (One Six Right) de Van Nuys a une résonance mythique.
Mais pour rendre les choses vraiment intéressantes, nous allons prendre une route qui traverse la classe B de Los Angeles, comme le premier jour, mais cette fois en utilisant le transit VFR appellé Mini Route. La Mini Route est un peu plus compliquée, et surtout elle fait passer au dessus des pistes de KLAX à 2500 pieds (au lieu des 4500 pieds de la Special Flight Rules Area que nous avons empruntée le jour du départ).
Les deux équipages, sept personnes, se répartissent dans deux Cessnas. Cartes, A/FD, logs de nav et GPS sont étalés sur les tables du FBO Gibbs. Tout le monde prépare avec enthousiasme le dernier vol de Far West 2009.

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La côte Pacifique se courbe doucement vers l’ouest jusqu’aux quais bétonnés et hérissés de grues du port de Long Beach. Nous reconnaissons les trois cheminées rouges du Queen Mary, le grand paquebot désarmé et transformé en restaurant / music hall amarré à coté du grand dôme blanc du terminal de croisières. Au delà, la mégapole de Los Angeles étale ses innombrables bâtiments, immense tâche poussiéreuse collée contre le bleu-gris de l’océan Pacifique.
La météo n’est pas terrible : plafond bas de nuages sombres, visibilité médiocre et averses intermittentes.


En arrivant au dessus de l’intersection entre Hawthorne Boulevard et le Freeway (point de report poétiquement nommé VPLSR) nous nous calons sur le radial 308° du VOR de Santa Monica. Sous le nez de l’avion, les quatre longues pistes de KLAX sont déjà bien visibles.
La tour de Hawthorne, qui a coordonné notre entrée sur la Mini Route, nous transfère à Los Angeles Tower. Entre un Boeing qui décolle et un Airbus en courte, le contrôleur de KLAX nous prend en charge sur la fréquence dédiée :
“N487SP, cleared throught the bravo airspace, Mini Route northbound at 2500 feet, report overhead.”
Il suffit de demander !

On passe Imperial Highway, puis au dessus de l’aéroport lui-même. Il y a des avions partout : éparpillés sur les taxiways entrecroisés, accrochés aux terminaux par les jetways, touchant ou quittant les grandes pistes au béton noirci par des millions d’impacts de pneus. Nous nous permettons une légère déviation à droite de la radiale pour donner un meilleur angle aux appareils photo ; pas trop quand même on ne voudrait pas inquiéter le contrôleur qui, au vu traffic qui s’agite là dessous, a déjà fort à faire.
Et on survole déjà Manchester Boulevard. Nous quittons Los Angeles pour passer avec Santa Monica et continuer vers le nord, vers Van Nuys.

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“Cessna 7SP, keep the pattern close to the city 405 freeway, runway 1-6 left cleared for the option.
- Cleared for the option 1-6 left. Is it possible to have a 1-6 right clearance ?
- 7SP, cleared for the left, I’ll advise you on the right.”
Nous sommes en vent arrière pour la piste 16 gauche de Van Nuys, et c’est la deuxième fois que Vincent insiste pour avoir la droite, la fameuse One Six Right.
Dans la vallée de San Fernando, après avoir passé la barre des Hollywood Hills au nord de Los Angeles et être descendus sous 2000 pieds, la visibilité paraît encore moins bonne. Pour éviter de rogner sur la classe C de Burbank, nous serrons à gauche le long du 405 freeway comme nous l’a recommandé le contrôleur. Le trait blanc de cette quatre voies qui tranche dans les blocs gris des zones commerciales et des lotissements arborés, disparaît quelques kilomètres plus loin dans une brume laiteuse. “Cessna 7SP, change for the 1-6 right. Traffic one half mile final caution jet wake turbulence. Wind calm, runway 1-6 right, cleared for the option.
- Cleared for the option 1-6 right N487SP.”


Victoire ! Il a fallu insister lourdement mais nous avons obtenu une petite place sur la One Six Right, derrière un Citation.
En courte finale, nous distinguons l’autre Cessna de l’équipée Far West du jour, le 75F, qui nous vient de se poser et nous attend au point d’arrêt, juste une petite croix blanche derrière un muret anti-bruit. Et les grands chiffres blancs peints sur le seuil passent sous les ailes : 1-6-R. On a l’impression de poser les roues dans une légende, une petite légende de petits pilotes certes, mais légende quand même.

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Après notre touch and go à Van Nuys, nous partons vers l’est en longeant les Hollywood Hills, passant devant les célèbres lettres blanches qui, perchées sur les hauteurs, annoncent fièrement HOLLYWOOD aux voyageurs.
Cette fois, pas de Mini Route. Nous faisons une grande boucle en passant sous les franges de la classe B, en survolant les agglomérations qui ceinturent Los Angeles, enchaînement monotone de routes entrecroisées, de zones industrielles ou commerciales, et de groupes de résidences familiales qui grimpent en cercles concentriques les pentes de petites collines. Nous nous posons à Corona, un petit terrain en auto-information qui a pour seule particularité d’être le berceau d’Aircraft Spruce, un immense magasin de matériel aéronautique. Nous y faisons une courte pause avant de redécoller pour San Diego.
Autoroutes, malls, stades de foot (américain) défilent de nouveau sous nos ailes avant que nous ne rejoignions la côte.

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Le mont Soledad, qui marque l’entrée dans le circuit de Montgomery, est en vue. Nous nous préparons à contacter la tour quand Marc-Olivier, qui est devant nous dans l’autre avion, indique au contrôleur que finalement, il va continuer plus au sud pour faire le tour du centre ville jusqu’à la frontière mexicaine. Vincent décide de le suivre.


Quelques minutes plus tard, nos deux Cessnas sont suffisamment rapprochés pour que le contrôleur puisse nous considérer comme un vol unique, et c’est Marc-Olivier qui s’occupe de la radio pour cette formation 75F juste formée. Le contrôle de San Diego nous autorise à pénétrer dans la classe B et à passer sous l’axe de décollage de l’aéroport international, at or below 500 feet pour ne pas gêner les liners qui partent vers la côte est ou le Japon.
Et nous glissons sur le sommet de la falaise qui tombe dans le Pacifique, passant au large de la base militaire de North Island, puis des hôtels d’Imperial Beach. Au loin, à l’ouest, le soleil couchant colore les derniers filets de nuages de teintes glorieuses qui se reflètent dans les embruns de l’océan ; à notre gauche, devant les tours du centre de San Diego, les feux de positions des avions de lignes se détachent sur le ciel assombri ; et devant nous, la plage déroule une longue courbe jusqu’au Mexique.


Nous finissons par faire demi-tour, aile dans l’aile, et retraçons notre trajet pour rentrer définitivement à Montgomery. En me collant contre la vitre, j’admire la manière dont la carlingue blanche de N4975F capture les couleurs du crépuscule en reflets orangés. En dessous, au pied des falaises, j’aperçois quelques surfeurs qui profitent des vagues de la fin de journée.

Quelle superbe fin pour ce Far West 2009 !

26 avril 2011

Une buse dans ma directe 07

C'est le dimanche de Pâques. Alors que les gens normaux surveillent leurs enfants qui furettent dans le jardin à la recherche de gourmandises non recommandées par le PNNS, je suis à Saint Cyr. Il fait beau, ciel bleu et soleil, mais la visibilité n'est pas terrible - sept kilo nous précise l'ATIS. Vincent veut juste faire un petit tour pour tester son nouveau jouet, une caméra Drift 170 qui est équipée d'une entrée audio qui va lui permettre d'enregistrer l'intercom.
Nous décidons d'aller à Toussus.

Je pilote à l'aller. La fréquence de Toussus est étonnament calme (sans doute encore à cause des oeufs de Pâques) et, après avoir pris l'ATIS, je demande (en anglais) à faire une directe 07.
Nous suivons donc tant bien que mal la radiale 072° du VOR TSU en attendant de voir la les pistes de Toussus émerger de la brume, quand nous remarquons trois petits points noir qui virevoltent devant nous. Des oiseaux.
On en voit régulièrement des oiseaux. Parfois de loin, parfois au dernier moment. Parfois ils ne passent pas loin.
Aujourd'hui, nous voyons distinctement l'un des points noirs grossir et se rapprocher. Impossible de distinguer sa trajectoire ou sa vitesse, mais on voit bien qu'il est de plus en plus près. J'hésite à manoeuvrer, mais franchement je ne suis même pas sûr du coté où aller.
Et puis, dans un flash, je distingue une paire d'ailes déployées qui passe à ras du disque d'hélice, juste au dessus de l'aile droite en frôlant la verrière, et disparaît derrière nous en ratant aussi la dérive.
C'est incroyable comme ça s'est passé vite. Je n'ai même pas pensé à avoir peur. Ce n'est que quand Vincent me dit qu'on avait des champs pour se poser en cas de panne que je réalise qu'on aurait pu aller au tas sur ce coup.

(photo courtesy of Vincent)

Mais je ne verrais à quel point c'est passé près qu'en regardant la vidéo filmée par la caméra de Vincent, en rentrant chez moi. Je pense que la Drift est validée : les images sont impressionantes.


21 avril 2011

Les “Interactive Safety Courses” de l’ASF




L’AOPA, c’est l’Aircraft Owner and Pilot Association.
Cette association à but non lucratif défend les intérêts des pilotes privés aux USA, en faisant par exemple du lobbying auprès des politiques, ou en organisant opérations de promotions de l’aviation générale, et sans doute plein d’autres choses.

Il y a aussi une division de l’AOPA dont l’objectif est d’améliorer la sécurité des vols privés, principalement par l’éducation des pilotes : c’est l’ASF (Air Safety Foundation). Dans cette optique éducative, l’ASF met à disposition un bon nombre de leçons en flash, abordant de manière accessible et ludique différents aspects de la sécurité des vols.

Il y en a qui retracent et analysent des accidents, en reconstituant les vols dans Flight Simulator de fort belle manière. C’est plus sympa que de lire un rapport du NTSB (National Transportation Safety Board, le BEA américain) mais on a toujours cette boule au ventre en voyant se dérouler inexorablement les évènements qui amènent la catastrophe.

Il y en a d’autres qui proposent des leçons plus ou moins longues et détaillées sur divers sujets ayant rapport au vol privé. Parfois, c’est de l’universel, comme les rappels sur la mécanique du vol. D’autres fois c’est spécifique aux USA, comme le Say It Right qui explique comment parler à la radio.

Et puis il y a le Pinch Hitter. Cette leçon introduit les bases du pilotage aux personnes accompagnant régulièrement des pilotes, afin qu’elles aient une (petite) idée de quoi faire si le PIC est dans l’incapacité de continuer le vol.

Je vous recommande d’y faire un tour, c’est intéressant, instructif et amusant. Surtout si vous volez aux USA, si vous avez l’intention de le faire, ou juste si vous êtes curieux de savoir comment ça se passe là bas.

A découvrir ici :


Et puis si on réussit les quiz, on obtient des jolis diplômes !