16 août 2012

Apte variante VP/RU



« Apte variante VP/RU »

Cette note, inscrite et signée par Thomas sur mon carnet de vol, marque une nouvelle étape dans ma carrière de pilotaillon. Je suis maintenant officiellement capable de piloter des avions avec hélice à calage variable (VP - Variable Pitch) et un train d'atterrissage rétractable (RU - Retractable Undercarriage).
Cette variante, je l'ai obtenue après six grosses heures de vol avec Thomas, un ami et excellent instructeur avec qui j'ai eu beaucoup de plaisir à voler, et sur le F-GENA, le Socata TB-20 de l'AAML à Meaux.


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Comme la plupart des VP/RU, le TB-20 est un avion plus puissant et plus rapide que ceux que j'ai l'habitude de piloter. Idéal, donc, pour couvrir de longues distance rapidement.
Du coup, pour étrenner ma nouvelle variante, j'ai emmené Delphine à Aix-en-Provence pour un long week-end loin de la grisaille estivale parisienne. Maintenant, Aix n'est plus qu'à 2h45 de vol de Paris !

Au hangar à Meaux, juste avant de partir.

 Sur le parking de LFMA - Aix-les-Milles.

 Activité du dimanche matin : survol des Calanques.

300 litres à mettre dans les réservoirs, sous un soleil de plomb. 

Retour vers Paris. Premier point tournant : mont Ventoux.

14 août 2012

Far West'12 - Planning

Rien de tel qu'une analyse rationnelle pour résoudre un dilemme.
Après avoir mesuré les étapes, et les avoir arrangées sur un calendrier, une tendance est apparue : trois journées entières à Yellowstone exigaient, avant et après, un enchainement de journées de vol que je qualifierais de Marc-Oliviesques - en l'honneur de leur inventeur, qui est aussi l'inventeur des Far West - c'est à dire comportant deux vols de 2h30 à 3h chacun. C'est pour éviter de devoir se soumettre à ce rythme éprouvant (il l'était déjà quand on était deux pilotes par avion) que nous avons décidé d'abandonner Yellowstone au profit d'un planning plus varié, en commençant par Yosemite.

L'inconvénient, c'est qu'on ne verra pas Yellowstone. Les avantages, c'est qu'on va pouvoir visiter plus d'endroits différents, faire quelques petits vols purement touristiques selon les envies du moment (Bay Tour à San Francisco, Monument Valley, Lake Tahoe, etc), le tout en prenant notre temps.


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Voici donc le planning de Far West'12, 1300 milles nautiques (2500 kilomètres) en 12 jours.

Samedi 25 août : Formalités
Le premier jour à San Diego sera consacré à l'inscription chez PlusOne et au vol de BFR et de checkout.


Dimanche 26 août : OFF San Diego
Pas de vol prévu. Un journée pour préparer les vols à venir, avoir une marge météo, et aller à la plage.


Lundi 27 août : KMYF-KMPI
3h15 de vol
Départ de Montgomery Field (San Diego) à destination de Mariposa, qui est la ville à hôtel pour Yosemite.
Ce vol sera probablement découpé en deux, avec par exemple un stop restaurant à Santa Monica (et donc un survol de KLAX).



Mardi 28 / mercredi 29 août  : OFF Yosemite
Deux jours pour visiter le parc. Vincent a déjà recommandé quelques randonnées :
  • Top of Vernal Fall via Mist Trail
  • Mariposa Groove et ses sequoias géants


Il est aussi possible de prendre une demi journée pour aller faire un tour en avion au dessus de la baie de San Francisco, qui est à une heure de vol.


Jeudi 30 août : KMPI-KHND
2h00 de vol
On quitte Mariposa pour rejoindre le désert à Las Vegas. Peut-être avec un détour par KTVL, histoire de survoler le Lake Tahoe.



Vendredi 31 août : KHND-KPGA
2h00 de vol
On prévoit de ne passer qu'une nuit à Las Vegas, et de partir le lendemain tranquillement dans l'après midi pour Page. Ce vol, en gros un cheminement le long du Grand Canyon, avec le lac Mead et le barrage Hoover d'un coté, le lac Powell de l'autre, se suffit à lui même.



Samedi 1 / dimanche 2 septembre : OFF Page
Deux jours à Page. Les activités touristiques que nous avons repérés pour l'instant sont :

  • Antelope Canyon et Rainbow Bridge Monument
  • une balade en bateau sur le Lake Powell


A partir de Page, il y a aussi de beaux vols à faire : Zion, Bryce, Monument Valley...


Lundi 3 septembre : KPGA-KSEZ
1h15 de vol
On commence à prendre le chemin du retour. Sedona sera notre dernier aérodrome avant de rentrer à San Diego. Et quel meilleur terrain pour finir le voyage que le most scenic airport of the USA ?


Mardi 4 septembre : OFF Sedona
Une journée à Sedona, pour se balader dans les rochers rouges.



Mercredi 5 septembre : KSEZ-KMYF
3h00 de vol
Retour au port d'attache, peut-être avec un pit-stop. En arrivant, il restera la paperasse et... à faire chauffer la carte bancaire !


Jeudi 6 septembre : OFF San Diego
Journée libre à San Diego, pour souffler avant de repartir vers Roissy. Et, encore, pour avoir une marge météo.



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Ce planning n'est bien sur pas définitif. Il pourra changer, s'affiner, au fur et à mesure que nous trouverons des idées nouvelles, en lisant des guides ou en nous renseignant de ci de là. Voire, au gré de nos envies alors même qu'il sera en train de se dérouler : c'est ça, aussi, ce qui fait la beauté des aventures Far West !


10 août 2012

Far West'12 - Yellowstone versus Yosemite

Il est des habitudes qui sont difficiles à prendre. Faire la vaisselle après chaque repas, ranger les objets dont on ne se sert plus, se lever dès que le réveil sonne...
Il en est d'autres qui, en revanche, sont fort agréables. Et comme je préfère évoquer ces dernières, je vais parler de l'édition 2012 du traditionnel voyage dans l'ouest américain (que par souci de continuité, j'appellerais Far West 2012).


Far West 2012, donc, débutera officiellement dans deux semaines, quand le 767 de Lufthansa quittera la piste de Roissy avec Delphine et moi à son bord.
En patique, ça a déjà commencé. Les billets d'avion Pour San Diego sont pris, Vincent a réservé pour mon compte le Cessna N21019 qui a déjà participé à Far West 2011, et je suis en train d'organiser le processus d'inscription (de réinscription) à PlusOne.
Et il y a le trajet. On réfléchit au trajet qu'on a envie de faire. Et cette reflexion, finalement se résume à une question : Yosemite ou Yellowstone ?


Les deux parcs nationaux ont la réputation d'être magnifiques, perchés dans les montagnes, parsemés de cascades, de randonnées forestières, de vallées verdoyantes, d'arbres centenaires, et peuplés d'une faune sauvage et abondante. Mais Yellowstone est (beaucoup) plus grand, plus sauvage, avec une grande variété de paysages plus grandioses les uns que les autres : sources chaudes, geysers, canyons, grands lacs. Et des grizzlies, des loups, des cerfs à profusion, je ne parle même pas des bisons et des marmottes. Ce à quoi j'ajoute la proximité des montagnes du Grand Teton, qui promet une arrivée en avion particulièrement mémorable.
A coté de cette profusion de belles choses, Yosemite, malgré toutes ses qualités, fait pâle figure. Pourtant, il lui reste quand même un argument de poids : sa proximité de San Diego.


Avec une distance d'un peu plus de 300 nautiques à couvrir, aller à Yosemite permet de prendre son temps, et d'en profiter pour aller voir d'autres choses sur les deux semaines dont nous disposons : Vegas, Grand Canyon, Page, Sedona, Tahoe, seraient des possibilités.
Yellowstone est à presque 800 nautiques, ce qui limite grandement les possibilités de voir autre chose. En fait, ça a tendance à résumer le séjour à un aller-retour à Yellowstone.


Au moment où j'écris ces lignes, je suis quand même très tenté par la solution Yellowstone. D'abord parce que tous ceux qui ont pu visiter les deux parcs sont unanimes, mais aussi parce que c'est un parc où il est recommandé de s'équiper de pepper spray avant de partir en randonnée - pour les ours !

A suivre...


Microsoft Flight est mort

Ce fut court.

Je parlais succintement de Microsoft Flight dans mon post précédent (en mars quand même !).
Entre temps, j'ai eu le temps de l'essayer, et de l'abandonner assez rapidement. Comme je m'y attendais, il lui manquait trop de choses pour retenir l'attention des simmeurs un brin sérieux.

Apparemment, je ne suis pas le seul à n'en avoir pas pensé grand chose, parce que Microsoft a décidé de l'abandonner. Pas même les casual gamers, vers lesquels il était pourtant fortemement orienté, n'ont été convaincus.
A moins que Microsoft considère avoir suffisamment vendu de DLC médiocres (avions sans cockpits !) pour rentabiliser l'investissement...

Plus de détails, en anglais :
http://flyawaysimulation.com/news/4517/microsoft-cancels-flight-staff-laid-off/

1 mars 2012

Opérations aéronavales dans FSX



Microsoft Flight

Microsoft Flight est maintenant disponible en téléchargement.
Quoi qu'en dise - ou ne dise pas - Microsoft, Flight est implicitement l'héritier d'un prédecesseur prestigieux. Et aujourd'hui encore, le vénérable Flight Simulator X est bien vivant. Bien que Microsoft ne le  supporte plus depuis 2009, il évolue encore aujourd'hui grâce à de nombreux développeurs passionnés - et souvent bénévoles - qui repoussent sans cesse les limites du programme.
A mon sens, c'est une des raisons pour lesquelles Flight est assez mal reçu dans le milieu des simmers. Déjà, quand on a passé des années à construire un Flight Simulator en lui intégrant une multitude de modifications, gratuites ou payantes, on a une tendance naturelle à trouver désagréable la perspective de tout abandonner pour passer à autre chose. Mais surtout, l'architecture ouverte du précedent Flight Simulator, celle là même qui est à l'origine de sa longévité, s'inscrit mal dans les concepts marketing modernes ou le DLC et la boutique en ligne verrouillée sont rois. Il y a peu de chances pour que Flight soit aussi ouvert que son ancêtre.

Et il est improbable qu'on ait un jour dans Flight la possibilité de se faire catapulter du Clémenceau à bord d'un Etendard IV, le tout gratuitement.


Opérations aéronavales dans Flight Simulator X

Fin de la digression sur Microsoft Flight.
Ce dont j'ai envie de parler ici, c'est de l'ensemble des modifications et des ajouts pour ce bon vieux Flight Simulator X que j'utilise pour simuler des opérations aéronavales. La plupart sont gratuites, ce qui ne gâche rien, et le résultat est tout à fait bluffant.
Flight Simulator X avec Acceleration est prérequis.

- Avions

L'avion d'entrainement de la Royale dans les années 60, le Zephyr est un bon avion pour commencer à se familiariser avec les techniques d'appontage - c'est le seul avec lequel je suis à peu près constant dans cet exercice. Il est lent et stable, malgré des moteurs un peu capricieux.
Sa version pour Flight Simulator a été créée par Restauravia, qui la met gratuitement à disposition sur son site. L'avion est un très bon freeware, crédible au pilotage et aux systèmes corrects, qui pèche néanmoins par des textures extérieures fades et un cockpit peu lisible.


Avion emblématique de la Marine Nationale française des années 60 aux années 80 (remplacé ensuite par le Super Etendard, puis le Rafale), L'Etendard IV est parfait pour jouer sur le Clémenceau ou le Foch une fois qu'on maitrise les appontages en Zephyr.
Egalement gratuit, il est disponible chez RFN. Si les textures extérieures manquent de personalité, le modèle est superbe, et le cockpit est très réussi, complet et fonctionnel.

VRS Superbug (payware)

Là, on change de réferentiel.
Déjà, le F/A-18E est un avion américain, plus gros, plus moderne, plus puissant, plus rapide, avec des commandes de vol électriques, des écrans couleur... C'est le genre d'avion dans lequel il  est plus compliqué de ralentir que de prendre de la vitesse, et quand on est en finale vers le Nimitz on sent qu'on est plus sur l'un des ancêtres français.
Ensuite, c'est un payware (~45 USD). Et malgré la qualité de nombreux freewares, on sent la différence, surtout sur un avion de cette complexité. Graphiquement irréprochable, largement configurable grâce à un outil externe, avec des systèmes complexes modélisés en détail et même des armements fonctionnels, c'est un des meilleurs avions pour FSX que je connais.

- Bases aéronavales
Avant de partir vers le large pour se poser sur un porte-avion, il est judicieux de s'entrainer à terre. Pour cela, il existe des scènes gratuites qui représente des BAN française avec leur équipement fonctionnel pour l'ASSP (Appontage Simulé Sur Piste).
A voir sur le site de la RFN.



- Portes-avions

Trois portes-avions dans deux packages gratuits disponibles chez RFN : le Clémenceau en version 1995, et les Clémenceau et le Foch en version 1975.

Nimitz de Javier

Plus gros que les portes-avions français, à utiliser avec le F-18.
(pas de lien, à trouver sur les sites de simulation habituels - Avsim, FlightSim, etc / uss_nimitz_ike_version2.zip)

aiCarriers
Un outil indispensable pour pouvoir positionner et mettre en mouvement les portes-avions.
En effet, seuls, les portes-avions ne sont pas utilisables : il faut les charger dans un vol FSX. Il existe plusieurs solutions pour ça, mais la plus simple c'est aiCarriers, qui permet via un menu simple de faire apparaître un navire de son choix à l'emplacement de son choix, et de le mettre en mouvement face au vent.
(pas de lien, à trouver sur les sites de simulation habituels - Avsim, FlightSim, etc / aicarriers2.zip)

- Divers
Pour finir, j'utilise deux outils qui sont similaires : ils permettent de simuler un officier d'appontage (ou landing signal officer), un type qui est sur le porte-avion et guide vocalement les avions en approche.

Le premier, encore issu de RFN, parle en français. Je l'utilise donc avec les avions français, et ça tombe bien parce qu'il est nativement intégré au Zephyr est à l'Etendard.

Le second, vLSO, est un programme externe qui communique avec FSX.
Il est encore en version béta, mais très prometteur. En plus des communications du LSO (en anglais cette fois), on a droit à des débriefings de ses appontages : le programme donne une note (comme le fait un vrai LSO) et fournit des graphiques avec la trajectoire.


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Voilà pour les modifications que j'utilise. Il en existe beaucoup d'autres, en particuliers des avions qui permettent de varier les expériences et les situations. Je recommande, encore, de trainer sur le site de la Royale French Navy pour approfondir cet aspect de Flight Simulator.

L'avenir est toujours prometteur, avec en particulier l'arrivé prochaine du TacPack de VRS qui permettra de pousser encore plus loin l'utilisation des armements, et le travail des français bénévoles de FSX@War qui construisent un champ de bataille virtuel dans l'environnement de FSX.


16 janvier 2012

Far West'11 - N21019, apprivoisé

« Qu'est-ce que signifie "apprivoiser?
-C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie "créer des liens"... »
« Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m'ennuie donc un peu. Mais, si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. »


N21019 à sa place, derrière chez Gibbs.

Faire un vol en aéroclub, particulièrement un gros club comme les Alcyons, c'est presque du fast food. J'exagère bien sûr, mais dans un club avec beaucoup d'avions, beaucoup de membres, et donc beaucoup de turnover mécanique, la plupart des vols se fait vite fait, en choisissant un avion simplement parce qu'il est libre.
C'est dommage parce que quand on est passionné d'aviation, la machine a autant d'importance que le vol lui même.

Et la connexion avec un avion en particulier, on la ressent dès qu'on le prend pour plus d'une journée. On s'habitue rapidement à ses petites particularités - qualités ou défauts - et quand on le laisse sur le parking le soir avant de rejoindre l'hôtel, en sachant qu'on va le retrouver le lendemain, il est déjà devenu, même si un tout petit peu, notre avion. Et quelques jours plus tard, après l'avoir ramené, nettoyé et rangé soigneusement dans son hangar, notre avion, on devra finalement le laisser retomber dans l'anonymat.
Et on aura un petit pincement au cœur.

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Cette connexion avec l'avion, c'est l'un des bonheurs des aventures au Far West. Et sur un voyage d'une dizaine de jours, on a le temps de s'attacher à sa monture.
C'est devenu une réalité environ un mois avant le départ, quand il a fallu se préoccuper de choisir et de réserver l'avion qui allait nous accompagner. En parcourant le site de PlusOne, j'ai réduit mon choix en fonction de critères simples : il me fallait un type d'avion avec lequel j'étais déjà familier, suffisamment puissant pour que les altitudes et températures élevées auxquelles nous allions être confrontés ne soient pas limitantes, et équipé d'un GPS pour ma tranquillité d'esprit.
Dans la flotte de PlusOne ça voulait dire un Cessna 172 motorisé à 180cv. Et avec le GPS le choix s'est vite restreint à cinq ou six C172N et C172SP (parmi lesquels N4975F, vieux compagnon des Far West précédents, malheureusement indisponible). Dont trois éventuellement disponibles.
Et ainsi, j'ai jeté mon dévolu sur N21019, un SP récent et très bien équipé. Et dès alors, j'ai commencé à l'apprivoiser.

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Le parking de Montgomery Field, derrière chez Gibbs.

Un mois plus tard, le soleil californien étend ses rayons jusqu'aux moindres recoins d'un ciel profondément bleu. Le mois d'août surchauffe le bitume de Montgomery Field, et la multitude hétéroclite d'avions qui y sont garés étincelle fièrement. Dans un coin du parking, blotti contre le grillage qui encercle l'aérodrome, il y a un Cessna. Un Cessna 172, blanc, comme il y en a des dizaines sur cet aérodrome, et pourtant, pour moi, c'est le seul avion qui compte vraiment dans cet enchevêtrement d'ailes et d'hélices. C'est mon avion, N21019.
Je ne vole pas avec lui aujourd'hui, mais je vais quand même lui dire bonjour. Et alors que je glisse une main sur le métal chaud de la carlingue, je continue à l'apprivoiser.

Planche de bord de N21019.

Dans les jours qui viennent, je vais apprendre à le connaître. Je vais m'habituer à son robinet de réservoir qui marche mal, surtout en montée, apprendre à manipuler le beau GPS et le TAS (Traffic Advisory System), savoir me méfier du mode vertical de l'autopilote lors des montées à haute altitude. Je vais râler le matin avant le premier vol, lorsque je m'aspergerais d'essence en purgeant l'une des trop nombreuses valves.
C'est à son bord que je vais survoler le Grand Canyon et Monument Valley. C'est lui que je vais retrouver dans la fraicheur matinale sur le goudron fissuré de Kanab, ou au milieu des bizjets à Oakland. C'est avec lui que je vais sauter la Sierra Nevada à 13500 pieds, me faire engueuler par les contrôleurs en arrivant à Bermuda Dunes, me faire autoriser à traverser la classe B de San Francisco au dessus des nuages...
Et finalement, il va se fondre avec tous les souvenirs de ce voyage, se diluer en eux tout en en restant l'une des images principales, de celles qui illustreront la page de couverture du livre Far West 2011

Ces dix jours vont sembler passer en un clin d’œil, mais resteront inoubliables. Et finalement l'heure de rentrer à Paris arrivera. Heureux d'avoir vécu cette aventure, et épuisé par toutes ces heures de vol, je devrais abandonner N21019 sur le parking ensoleillé de Montgomery, blotti contre le grillage.
Ce sera un peu plus qu'un petit pincement qui me serrera le cœur.

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A Sedona, où la voiture de location nous attend.

Le pilote et sa monture font une pause à Page avant de partir survoler Monument Valley.

Au dessus de la Sierra Nevada.

Sur le parking chez Kaiser, à Oakland.