27 mars 2008

FSX : saut de puce des Milles au Castellet

Çà faisait longtemps que je n'avais pas fait de Flight Simulator, mais récemment j'ai installé la version X (X car c'est la 10ème mouture). Comme ce logiciel ne prend toute sa dimension qu'avec l'ajout de modules supplémentaires, j'ai passé un peu de temps à le configurer et à installer différentes scènes et avions pour finalement arriver à quelque chose de pas mal.

Et voici par exemple un vol improvisé du terrain d'Aix-les-Milles (LFMA) vers le Castellet (LFMQ). Les deux terrains sont peu éloignés (25 milles nautiques environ) mais j'ai pu l'effectuer à vue en m'appuyant sur la carte IGN 1/500000 (la vraie carte aéronautique) sur les genoux.

Mon Cessna 152 au parking au lever du soleil, juste avant le démarrage du moteur.

Quelques minutes plus tard, rotation sur la piste 33...

...et, en montée vers 3000 pieds, virage à droite pour aller chercher un cap 120. On voit bien la Sainte Victoire à l'horizon.

En route pour le Castellet à 3000 pieds (plus ou moins 100 pieds ;) ), le temps est beau.

Sur votre gauche... la Sainte Victoire !

Embranchement sur l'A52 à Auriol, au nord d'Aubagne. Un excellent repère VFR.

Et visuel du Castellet. Le contrôle m'a déjà autorisé à intégrer un circuit main gauche pour la piste 31.

En finale un peu haut sur le plan. Il y a plus de vent qu'à Aix et il est de travers.

Et me voilà garé sur le parking au Castellet. Il pleut un peu, mais rien qui ne m'empêche d'aller voir les voitures tourner sur le circuit Paul Ricard.

15 mars 2008

Private Pilot Licence

Un mot quand même pour signaler que j'ai obtenu ma licence de pilote privé (PPL) jeudi 13 mars 2008, après un test d'environ 5h dont 2h39 de vol. C'était chaud, et fatiguant, mais pfiouuu ! çà fait plaisir !

Evidemment je n'ai encore qu'un papier provisoire et il faut que je rassemble deux tonnes de paperasse (et un chèque) à renvoyer à la DGAC pour qu'ils puissent émettre la licence. Le vol c'est magnifique mais l'administration Française reste l'administration Française.

Bon vols à tous !

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Mise à jour du 19 mai 2008
Voici un résumé de cette longue journée que j'ai posté chez Gligli.

Et voilà, j'y ai mis le temps mais j'ai fini par l'avoir cette licence.

Mars 2008. Presque 2 ans après mon premier vol. Je me lève à 6h du mat' et après une douche et un café, je pars pour St Cyr.
Evidemment, en cette fin d'hiver pourri, le terrain est fermé, mais j'ai obtenu l'autorisation de faire décoller mon DR221 pour Toussus afin de passer le test de là bas. Dernière météo, NOTAMs, le plein, une signature de l'instructeur pour m'autoriser à transiter vers Toussus en solo et c'est parti.

Bon, avec tout çà, je suis à la bourre. Je retrouve mon examinateur 15mn plus tard que prévu, alors que j'aurais voulu arriver avec au moins 30mn d'avance pour pouvoir peaufiner ma présentation. Cà commence bien ! Ma présentation s'en ressent et je ressort du briefing avec un mauvais présentiment. Heureusement, nous avons fait le briefing dans l'aérogare de Toussus, et pendant que l'examinateur va soulager un besoin naturel, je discute avec une dame qui travaille là. Elle est charmante et ses encouragements me donnent du baume au cœur. Cà compte !

Décollage. Le vol prévu est assez court : Toussus - Etampes - Chartres. La première branche est erratique au niveau des tenues d'altitudes et de cap, mais je trouve Etampes facilement. C'est un mauvais coté d'un vol trop court, on a pas le temps de se régler qu'on est déjà arrivé. Nous faisons quelques tours de pistes à Etampes qui se passent très correctement, puis nous allons faire un encadrement à Chartres avant de nous dérouter vers Senonches. L'examinateur m'expliquera lors du débriefing qu'il a choisit cette destination car elle n'était pas sur la partie visible de ma carte. Heureusement, je peut la déplier facilement et le déroutement se passe pas mal.

Retour à Toussus. Je ne suis vraiment pas sur de ma performance, et nous allons encore faire plus d'une heure et demie de débriefing pendant laquelle mon examinateur reste indéchiffrable... "Ton dernier atterrissage était pas mal" est la seule remarque positive dont je me souvienne :)
Et enfin il m'annonce sur un ton désinvolte qu'il me donne ce PPL tant convoité ! En tous cas, je me rend bien compte qu'il me reste beaucoup de choses à apprendre et à améliorer. La sympathique hôtesse de l'aérogare me félicite. Je suis content qu'elle ait été là.

il est presque 16h, et je suis coincé à Toussus (ma voiture est restée à St Cyr). Mais je suis super content ! Je me balade un peu entre la boutique du pilote et la bar. Quelques pilotes du club qui passaient par là me payent des bières :)
Finalement, l'instructeur qui avait signé ma dernière autorisation d'élève le matin va me ramener à St Cyr, et j'arriverais chez moi, épuisé, vers 20h.

Une grosse journée, mais çà valait le coup !

4 décembre 2007

J'en chie !

Je dois être à un de ces fameux paliers qui sont sensés émailler toute formation.

Le début d'automne a été plaisant, avec de belles navigations solo et une météo clémente. Mais là, avec l'hiver qui arrive, le froid, le manque de lumière, c'est la déprime.
De surcroît, moi qui pensait être prêt à passer mon pré-test (le "bac blanc" du test PPL), je me rend compte que j'ai encore pas mal de boulot coté déroutements / pannes, et c'est un peu désespérant.

Enfin, c'est le lot de toute formation, je le sais bien. Et puis pour me consoler j'essaye de penser que l'hiver c'est aussi la saison du ski !

10 juin 2007

Magnifiques falaises blanches...

8 avril 2007.

Pas facile de voler en région Parisienne pendant l'hiver. Plafond bas, vent brouillard, journées courtes, c'est vraiment la période creuse pour l'aviation. Je regrette la clémence du climat Méditerranéen.

Mais enfin, en ce dimanche d'avril, la météo est prometteuse, et le vol prévu tout autant. Je dois faire ma plus longue navigation en date, de Saint Cyr jusqu'à Saint Valery-en-Caux.


Saint Valery est un petit aérodrome non loin de la Manche, entre Le Havre et Dieppe, que nous rejoignons en environ une heure de vol.
Pas de taxe d'atterrissage. Nous prenons un Coca au club, en discutant avec les pilotes de passage dans une ambiance très agréable, et nous repartons pour Saint Cyr.
Mais avant de remettre cap au sud, nous faisons un détour, court mais qui va être l'exemple parfait de la beauté de l'aviation.


La visibilité est parfaite, nous embrassons du regard cent kilomètres dans toutes les directions. Le ciel sans nuages est d'un bleu pastel uni. Une gentille brise strie le miroir de la mer d'ondulations scintillantes. La campagne Normande semble rassembler toutes les nuances imaginables de vert, de brun et de jaune dans un joli patchwork de champs et de prés émaillé çà et là de l'étoile grise d'un village. Et au milieu de tout çà, le blanc éclatant des fameuses falaises, leur étranges arches enjambant de fines plages pour plonger dans Manche.
Et de mon petit avion, je domine ce paysage, je le comprend, je l'englobe. Vraiment, voir les choses d'en haut, çà change tout !


Mais plutôt que d'essayer de décrire ce que c'était, je vous propose d'aller voir les quelques photos qui témoignent de ce merveilleux souvenir dans ma galerie Picasa : ici

1 décembre 2006

Premier solo


Tu vas me faire un complet avec retour point d'arrêt.
- Ok... Fox Papa Kilo Hotel, vent arrière 30 pour un retour point d'arrêt.

En annonçant par radio mes intentions à la tour de Saint Cyr, je sais parfaitement ce que ça signifie. Je n'en prends pas pleinement conscience, mais je sais.

Cela fait quatre mois et environ vingt heures que j'ai commencé mon apprentissage de pilote d'avion privé. Quatre mois qui sont passés comme un rêve.
Voler. Observer en dessous le monde se dérouler comme un diorama fascinant. Se déplacer sans contraintes, sans limites de vitesse, sans routes, sans bordures. Avoir le sentiment de pouvoir atteindre tout ce qui est à portée de regard. Dompter la machine aussi, la connaître, la comprendre.
Piloter. Un rêve de gosse qui s'est encore magnifié en prenant corps. Décidément, j'adore ça.


Quatre mois, vingt deux heures. Et ça-y-est, je le sais, c'est aujourd'hui que je vais piloter seul pour la première fois. Le premier grand jalon de la formation de pilote, et d'après certains le plus important, le plus mémorable. Le lâcher solo.
Bien sur, ce n'est pas vraiment une surprise. Cela fait quelques temps déjà que Stéphane, mon instructeur, m'explique qu'il ne me manque pas grand chose pour pouvoir voler seul. Et plus récemment encore, j'ai compris qu'il attendait juste que la météo soit suffisamment clémente pour me permettre de faire ce premier vol. Malheureusement, malgré un mois d'octobre exceptionnellement doux, ces dernières semaines ont été assez venteuses et couvertes, avec en particulier le vol prévu mardi, annulé pour cause de vent plein travers à 30 km/h.
Mais finalement, ce vendredi 27 octobre 2006 (RTT-isé pour l'occasion), toutes les conditions sont réunies. La visibilité est bonne, à part une légère brume au ras du sol, au sud de l'aérodrome, et il n'y a quasiment pas de vent. Et après deux tours de piste sans histoires, Stéphane me demande d'annoncer un retour point d'arrêt.

- Fox Papa Kilo Hotel, numéro un, rappelez finale 30 gauche.
- Numéro 1, rappelons finale 30 gauche, Fox Papa Kilo Hotel.

En plissant les yeux dans le soleil dont les rayons rebondissent à travers la brume, je tourne en base, passe au dessus du Grand Canal, m'aligne et m'annonce en finale. Puis je fais un joli trois points au seuil de la piste 30 gauche.

- Fox Papa Kilo Hotel dégagez par la droite sur le taxiway nord et rappelez prêt au point d'arrêt 30 droite.
- Saint Cyr, on souhaiterait dégager par la gauche. Je vais descendre de l'avion, c'est le premier lâcher de mon élève.
- Ok Kilo Hotel, dégagez par la gauche.


Et hop, maintenant c'est sûr. Mais je ne réalise toujours pas. Dans ma tête, ça se bouscule. En fait non, j'ai la tête vide. Je ne sais pas. J'entends Stéphane. Il me parle dans le casque mais j'ai l'impression qu'il est loin. Il me rassure, m'explique ce que je vais devoir faire, m'assure que je sais le faire, que ça va aller tout seul. Je sais bien que je sais le faire, mais quand même, l'appréhension est là. Théoriquement, je sais les faire, ces tours de piste. Mais en pratique, il y a toujours eu une remarque, un conseil. La bille. Tu montes jusqu'où là ? Tu vas te mettre en descente quand ? Tu crois que tu es sur le plan ? C'est combien la vitesse en finale normalement ?

Est-ce que je suis vraiment capable de me débrouiller sans ça ? Je sais que oui, mais j'ai quand même l'estomac qui se serre pendant que Stéphane attrape ses affaires sur la banquette arrière et sort sur l'aile. J'écarte les écouteurs de mon casque afin d'entendre s'il a encore des choses à me dire, mais il m'adresse seulement un sourire rassurant, referme la porte et saute sur sur l'herbe. Un dernier pouce levé vers le ciel et ça-y-est, je suis seul dans l'avion.

Je commence à rouler. J'ai l'estomac serré, mais pas tant que ça finalement. Tandis que je remonte le taxiway, l'exultation, commence à monter, prenant la place de l'inquiétude. Pas facile de décrire ces sentiments entremêlés. Pour la première fois je suis sans filet. Pour la première fois, je vais vraiment piloter moi même, tout seul. Sans filet, mais sans entraves. C'est ça. D'un coté, l'appréhension de ne pas avoir de garde fou, de savoir que si je foire quelque chose personne ne va me corriger. De l'autre, l'exultation, de plus en plus présente à mesure que j'approche du point d'arrêt. Je vais prouver que je peux piloter. Me le prouver à moi-même surtout.
En vérité, ce n'est pas ce à quoi je pense. L'analyse est venue après, en discutant autour de la bouteille de Champagne au club. A ce moment là je ne pense pas , je ressens, je savoure.

Et j'effectue mes actions.
Volets, un cran. Commandes libres et dans le bon sens. Essence ouverte, pompe éléctrique on, réchauffe off. Il reste encore un peu d'appréhension, mais si peu. Verrière verrouillée, briefing pré-décollage, prêt.

Une inspiration.

- Fox Papa Kilo Hotel, prêt au point d'arrêt 30 droite.
- Fox Papa Kilo Hotel, alignez vous piste 30 droite. Autorisé décollage, vent calme.
- Alignons et décollons 30 droite, Fox Papa Kilo Hotel.

Avec application, je m'aligne entre les V, vérifie mon QFU... et je mets les gaz. L'avion s'élance sur la piste, laissant derrière lui mes derniers filets d’appréhension. Après un petit rebond, ce cher F-BPKH s'élance vers le ciel Parisien avec à son bord un pilote heureux, grisé par la sensation délicieuse d'avoir enfin concrétisé son vieux rêve : voler !